Lire l'image fixe - Des exemples de lecture d’œuvres picturales

Ce module d'activité pédagogique peut permettre de travailler le programme de Français de Troisième Partie 2 /P2- Développer son point de vue.

http://www.barbeypedagogie.fr/6-ressources-pedagogiques/synth%C3%A8ses-3prepro/3prepro-fran%C3%A7ais-p2/ 

3PREPRO/ Français - Partie 2-Thème 2 - Analyser une image

Commentaire du journal de 20h de France 2 

 

Module de formation à l'Analyse d'une oeuvre picturale

(diaporama Florence BOURZAT, professeure documentaliste - CDI LP Cabanis - Brive)

Comment analyser un tableau
Les étapes de la lecture d'un tableau
DIAPORAMA lecture d'un tableau.odp
Présentation Open Office 5.9 MB

 

GUERNICA, le tableau de Picasso, 3,5 x 7,8 m, avril-juin 1937, musée national centre d'art Reina Sofia.


L'Analyse de GUERNICA

par Florence BOURZAT, professeur documentaliste


1. Présentation de l'oeuvre

Le tableau qui fait l'objet de notre analyse picturale est une oeuvre phare dans la production de Pablo Picasso. « Guernica » est une huile sur toile de 351 cm sur 751 cm. Elle a été réalisée en 1937. L'oeuvre est exposée au Musée de la Reine Sofia à Madrid.

Guernica est une oeuvre de commande. Le gouvernement républicain espagnol demande à Pablo Picasso de réaliser une grande composition murale pour le pavillon espagnol de l'Exposition Universelle de 1937 à Paris. L'actualité déclenche le sujet de la toile : l'aviation nazie bombarde le 26 avril 1937 la ville basque de Guernica faisant près de 2000 morts. Picasso bouleversé par cet événement choisit de représenter dans cette toile toute la violence et la douleur de l'événement. Cette peinture d'histoire est un exemple type du cubisme, dont Pablo Picasso est un des plus illustres représentants.

2. Analyse picturale

Deux groupes de personnages occupent les plans latéraux du tableau. A droite on peut identifier une femme. Elle semble prisonnière des flammes. La bouche hurlante, les mains dirigées vers le ciel, elle cherche à échapper à une mort imminente. A gauche, l'espace est occupé par la figure imposante du taureau (le Minotaure, thème cher à Picasso) qui surplombe le groupe de la mère et de son enfant mort. Entre ces deux groupes, la composition forme un triangle dont la base est occupée par le corps sans vie du guerrier. Au centre du triangle, nous pouvons identifier le cheval blessé et le corps ployé d'une femme semblant adopter l'attitude de la course. Au sommet du triangle, une torche portée par une figure féminine, dont seule la tête semble traverser l'oeuvre, comme une messagère de paix, de sagesse. ( Ref : statue de la Liberté ). Cette source de lumière fait pendant à la représentation symbolique de l'oeil. La pupille, remplacée par une ampoule est cernée d'une couronne de pointes ( Ref: oeil divin )

 

Dans cette toile nous pouvons identifier 9 personnages :

En partant de la gauche : le taureau, imposant ; la mère la tête rejetée en arrière pleurant son enfant mort :
- l'enfant mort le corps inerte entre les bras de sa mère ;

- le soldat gisant au sol décapité, la bouche ouverte, le bras droit sectionné tient encore une épée brisée à côté de laquelle apparaît une frêle fleur qui risque à tout moment d'être piétinée par les sabots du cheval ;

- le cheval (personnage central) contorsionné par la douleur est également un thème récurrent dans l'oeuvre de Picasso. Il ouvre grand sa gueule , son flanc est transpercé par une lance;

- à sa gauche un oiseau situé entre le taureau et le cheval est sacrifié sur un autel, transpercé par une arme triangulaire ;
- une femme agenouillée semble prendre la fuite, un genou à terre elle a le regard tourné vers le cheval et semble partager sa douleur. Son pied déformé répond de façon symétrique au bras gauche du guerrier à terre ;

- le visage paisible de la femme à la torche établit un fort contraste ;

- à l'extrême droite une autre figure féminine prisonnière des flammes a les bras levés vers le ciel.

 

Le peintre a choisi de représenter la scène en utilisant seulement le noir et le blanc. Cette palette est peu étendue puisqu'elle n'utilise que très peu de couleurs, seulement des nuances de gris, de blanc et de noir. Ce choix peut être interprété comme une évocation des photographies de guerre, l’évocation du deuil, de la mort, de la souffrance. La principale source de lumière se trouve au-dessus de la tête du cheval, lampe électrique adoptant une forme d'oeil qui a en son centre une ampoule électrique entourée par des épines. A ses côtés la lampe à huile ou la torche. Au dessus de la figure à l'extrême droite de la composition une fenêtre, qui laisse passée une clarté peut-être symbole d'espoir de lendemains meilleurs. La noirceur du tableau est atténuée par des symboles d'espoir : la petite fleur qui jaillit à proximité du poing fermé du soldat décapité ; la tête de la figure féminine semblant jaillir de nulle part, portant la lueur d'espoir symbolisée par la torche...