DIDACTIQUE DU PROJET PEDAGOGIQUE SUIVI EN CLASSE

Didactique d'ingénierie de projet pédagogique

pour le lycéen professionnel

Le mot didactique apparaît à la Renaissance, en 1554. Il est emprunté  au grec  δ ι δ α κ τ ι κ ο ́ ς [didakticos] « propre à instruire, didactique », dérivé du radical δ ι δ α κ τ- de δ ι δ α ́ σ κ ε ι ν [didakt de didaktein] « enseigner ». La didactique vise à instruire. Elle consiste en explications, méthodes, moyens, procédés, forme d'une leçon, d'un exposé. C'est l'attitude ou la démarche mentale d'une personne qui a l'intention d'enseigner, d'expliciter méthodiquement les procédés d'un art ou d'une science. Elle correspond à la pratique de l'enseignement, au désir d'explication méthodique. C'est l'Art d'enseigner, d'exposer méthodiquement et systématiquement les principes et les lois d'une science ou les règles et les préceptes d'un art.

Définition du CNRTL - Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

http://www.cnrtl.fr/lexicographie/didactique

 

La didactique de l'I2P ne consiste pas à construire des séquences d’enseignement prêtes à l'emploi qui souvent d'ailleurs ne sont ni évaluées ni régulées. Les propositions séquentielles sont pléthore sur le net, sur les sites académiques, les portails nationaux, la foison de productions éditoriales.

Il s'agit plutôt en amont de procéder à l'expertise épistémologique d'un objet d'étude de Français ou d'HG, de se poser la question de comprendre comment s'élabore le passage du savoir scientifique aux objets didactiques d'une séquence. En aval, il est demandé d'évaluer les acquis d'une séquence grâce à la production des élèves, répondre à la question du comment les apprentissages requis sont acquis progressivement par les élèves.

Les résultats aux examens permettent de mesurer les écarts entre les connaissances/compétences attendues en fin de cycle et les productions effectives des candidats.

La didactique d'ingénierie de projet pédagogique pour le lycéen professionnel que je propose ici et que je pratique au quotidien dans mon métier d'enseignant des sciences humaines repose sur certaines lignes fortes des sciences de l'Education et principalement celles prônées par Lev VYGOTSKY (Ecole russe), Howard GARDNER (Ecole américaine), Alain BERETZ (Ecole européenne), Georgette NUNZIATI (Ecole française), Philippe PERRENOUD et Léon BARBEY (Ecole suisse). Ces références universitaires, ces courants de la recherche, permettent de dégager les mécanismes de constitution des savoirs disciplinaires et de leur transmission.

 

Lev VIGOTSKY (1896-1934), psychologue russe, professeur à l'Institut de Psychologie de Moscou met au point sa théorie socio-historique de développement de l'apprenant et obtient des résultats surprenants et rapides dans l'alphabétisation de populations spécifiques et fragiles telles que des membres de tribus reculées de Sibérie ou des déficients mentaux légers qui en vinrent à lire, écrire et parler correctement la langue russe.

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Léon BARBEY (1905-1992), pédagogue suisse, directeur de l'Ecole normale cantonale d'Hauterive -ENCH de Fribourg (Suisse) de 1963 à 1965, met en avant une pédagogie transversale qui défend très fortement le pôle du savoir et du surgissement et qui soutient en même temps le pôle de la connaissance de soi. Pour lui, ces deux pôles sont aussi importants l’un que l’autre. Ils sont au fondement de la construction identitaire. Le socioconstructivisme est aujourd’hui le paradigme de référence dans la plupart des programmes de l'ENCH destinés aux enseignants. 

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Howard GARDNER (né en 1943), professeur en cognition et en éducation à la Harvard School of Education, professeur de psychologie à l'Université de Harvard, professeur de neurologie à la faculté de médecine de l'Université de Boston a mis au point sa théorie des Intelligences multiples chez l'apprenant. Il propose une approche différente et novatrice de la pratique des enseignements basée sur la reconnaissance d'intelligences multiples avec des résultats étonnants en terme de progression des élèves.

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Alain BERETZ (né en 1954), président de l'université de Strasbourg, propose par La Fabrique de l'Ecole Supérieure du Professorat et de l'Education - FESPE de Strasbourg, la mise en oeuvre d'une pédagogie inversée dans la classe par le numérique. Il veut promouvoir l'innovation dans l'enseignement et l'accompagnement pédagogique. Le site web de la FESPE cherche à accompagner les enseignants dans leur réflexion et la mise en place d'innovations pédagogiques.

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Georgette NUNZIATI est enseignante, chercheuse à la Mission Académique à la Formation des Personnels de l'Education Nationale - MAFPEN de l'Académie d'Aix-Marseille. Elle travaille depuis vingt ans sur la question de l'évaluation formatrice. Elle propose une démarche d'évaluation qui se veut formatrice, c'est à dire une démarche de régulation conduite par celui qui apprend à la différence d'une évaluation formative qui est de la responsabilité de l'enseignant seul.

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Philippe PERRENOUD (né en 1944), docteur en sociologie et anthropologie, est professeur à la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation (FPSE) de Genève - Suisse. Il propose une approche pragmatique de l'évaluation formative qui place l'enseignant dans une posture de grande cohérence personnelle alliée à une certaine tranquillité d'esprit, le tout assumé collectivement par les enseignants se ralliant aux mêmes objectifs.

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La maîtrise didactique de l'I2P conduit à mettre au point des méthodes de construction des apprentissages. La question est de savoir comment l'élève apprend à apprendre ? Le professeur doit conscientiser ces méthodes et les contextualiser dans une activité concrète pour l'élève. L'élève s'essaiera ensuite à les mobiliser dans le cadre d'une évaluation formatrice.

L'enseignant contractualise avec ses élèves (feuille de route, échéancier, fréquence et variété des contrôles). Il critérise les degrés de réussite d'une réalisation d'élève par un barème clair et univoque. Il place le groupe-classe en situation de production écrite et orale. La didactique de l'I2P pose le problème de l'implication et de l'autonomie du jeune en formation et de son suivi par l'enseignant (cahier de textes en ligne, individualisation du parcours de l'élève).

Il importe de distinguer les objets spécifiques (scolaires comme un exposé ou importés comme une interview), les supports d'activités, les compétences requises et les critères d'évaluation.

La didactique de l'I2P privilégie l'oral par la maîtrise des compétences discursives (argumentatif, débat, échanges), la verbalisation des élèves (métacognition/ constructivisme), la gestion magistrale de la communication (interactions verbales ouvertes avec les élèves).

 

La didactique de l'I2P met un accent particulier sur la socialisation et notamment l'écoute. Les élèves des lycées professionnels sont souvent soumis au feu de la marginalisation, de l’exclusion. Ils se sentent incompris, rejetés. Quand de telles situations aboutissent à de tels résultats, l’école a manqué son but : construire une image positive de soi pour créer une nouvelle relation dans l’interaction éducative, amener l’enfant à trouver sa relation dialectique avec le scolaire. Pour un développement qui soit le plus harmonieux possible, le jeune en lycée professionnel, et lui plus que les élèves d’autres établissements, a besoin de la médiation.

L'élève devient progressivement un citoyen adulte et responsable, il apprend la décentration, l'ajustement à son interlocuteur, la coopération discursive. Dans cet objectif, l'enseignant favorise le dialogue, l'animation et les conduites de médiation plutôt qu’une simple transmission expositive routinière et imposée à la classe.

 

Dans la démarche didactique de l'I2P, l'entrée par les compétences peut prendre le pas sur les contenus, le statut de l'erreur est reconnu et utilisé, la démarche multiréférentielle est mise en avant (interdisciplinarité), les appartenances croisées sont exploitées (travail individuel et collectif, réseaux externes), l'univers sociologique du jeune est reconnu  par le professeur dans l'objectif d'accrocher l'intérêt des élèves en classe (contextualisation, référence à la conjoncture et à l'actualité).

 

La didactique de l'I2P ne constitue pas une démarche dualiste de l'acte d'enseignement en distinguant le cours magistral et les activités pédagogiques. En général, la gestion du groupe-classe s'effectue par projets séquentiels en fonction des connaissances à apprendre et des compétences à valider dans des parcours forcément hétérogènes et diversifiés. La conception des séquences d'enseignement et d'apprentissage -SEA intègre le cours magistral, le projet de classe ou les activités d'apprentissage comme autant de déclinaisons de l'acte pédagogique. La didactique I2P veut renouveler cette approche souvent trop figée et limitative.


Des échos, des citations du monde de l'éducation et de l'enseignement

http://www.barbeypedagogie.fr/4-didactique-1/echos-%C3%A9ducatifs/

 

Une petite bibliographie

http://www.barbeypedagogie.fr/4-didactique-1/bibliographie/


 

Pour une mise en oeuvre en classe de cette démarche didactique,

Voir Ingénierie de Projet Pédagogique - I2P