La controverse de Valladolid

 

 

Jean-Claude Carrière, La controverse de Valladolid, récit, Belfond, Le pré aux Clercs, 1992, Pocket N° 4689, 254 pages, ISBN 2-266-05401-5.

 

Ce module s'inscrit dans le programme d’enseignement de Français et le programme d’enseignement de l’Histoire de Classe de Seconde du Baccalauréat professionnel - BOEN spécial n°2 du 19 février 2009.

 

Français

Objet d’Etude 1 / Parcours de personnages

Interrogation 3 : Les valeurs qu’incarne le personnage étudié sont-elles celles de l’auteur, celles d’une époque ?

Histoire 

Sujet d’Etude 1/ Humanisme et Renaissance

Situation C : La controverse de Valladolid

   

Capacités et Attitudes en Français :

OE1 - Analyser comment un personnage se construit à travers des mots ; Montrer comment un personnage évolue depuis son apparition dans l’œuvre jusqu’à la fin ; Se laisser interroger par les valeurs incarnées dans un personnage ;

OE2 – Analyser et interpréter une production artistique ; Exprimer à l’oral et à l’écrit une impression, un ressenti, une émotion ;

OE3 – Distinguer information, commentaire, prise de position ;

ETUDE DE LA LANGUE – L’énonciation ; Modalisation : termes péjoratifs et mélioratifs ; Les discours rapportés ; Lire, écrire l’argumentation. Les connecteurs ; Lire le récit, Les points de vue ; L’oral ; L’image fixe et mobile.

 

Histoire : Les grands changements culturels, économiques, politiques à l’époque moderne et leurs effets sur les sociétés en Europe et dans le monde.

 

 

Lettre pédagogique CAVILAM/TV5 N°63 « La Controverse de Valladolid » :

Objectifs linguistiques et communicatifs : Présenter ses idées, son opinion à l’oral et/ou à l’écrit ; Raconter, présenter des faits ; Argumenter : démontrer, convaincre, persuader, réfuter, mettre en cause, identifier des stratégies argumentatives ; Objectifs culturels : La conquête des Amériques ; L’attitude des conquérants face aux peuples conquis ; Le rôle de la religion dans la société autrefois et aujourd’hui ; L’esclavage ; Objectifs transversaux: Les réactions face à l’inconnu ; Le regard sur l’autre, sur les coutumes, les traditions, les croyances que l’on ne connaît pas.

 

LA CONTROVERSE DE VALLADOLID

Jean-Claude Carrière, La controverse de Valladolid, récit, Belfond, Le pré aux Clercs, 1992, Pocket N° 4689, 254 pages, ISBN 2-266-05401-5.

La controverse de Valladolid est une œuvre particulièrement intéressante pour une étude transdisciplinaire Français / Histoire et transversale en Français (Objets d’études 1, 2 et 3). Basée sur des faits réels, l’écrivain cite d’ailleurs plusieurs ouvrages dont il s’est servi pour se documenter. En outre, l’ouvrage a été adapté en téléfilm et en pièce de théâtre, ce qui peut permettre une réflexion sur les genres littéraire, télévisuel et théâtral et une comparaison du traitement spécifique de l’intrigue, du débat et de la mise en scène dans ces différents genres.

 

Le récit de Jean-Claude Carrière commence par une note au lecteur :

« La controverse de Valladolid est un évènement historique, mais elle ne s’est pas déroulée comme je la raconte ici. Si elle opposa, avec beaucoup d’âpreté, le dominicain Las Casas et son adversaire Sepúlveda, il n’est pas sûr qu’ils se rencontrèrent et débattirent en public. On sait qu’ils échangèrent des textes, lesquels furent discutés, que Las Casas parla longuement (au point de fatiguer son auditoire), et que la controverse fut reprise l’année suivante, en 1551. Les conclusions n’en furent jamais officiellement proclamées.

L’intervention d’un légat du pape, l’apparition des colons, des Indiens, la concordance chronologique entre les décisions finales, tout cela je l’ai inventé, en essayant de rester près du vraisemblable, en tout cas du possible. (…) Je n’ai rien inventé dans les considérations théologiques, raciales et culturelles. J’ai même serré de près le vocabulaire. »

 

Son adaptation au théâtre

Jean-Claude Carrière, La Controverse de Valladolid, pièce de théâtre, Actes Sud 1999, avec présentation, notes, chronologie et dossier par Anne Cassou-Noguès et Marie-Aude de Langenhagen, Flammarion 2003, Collection Garnier Flammarion, Etonnants classiques N°2164, ISBN : 2-08-072164-X.

 

Son adaptation au cinéma

La Controverse de Valladolid, réalisation : Jean-Daniel Verhaeghe, 1992, scénario : Jean-Claude Carrière, distribution : Jean Carmet (le légat du pape), Jean-Pierre Marielle (Las Casas), Jean-Louis Trintignant (Sepulveda), Jean-Michel Dupuis (le colon), Claude Laugier (frère Ambrosiano), Pascal Elso (frère Emiliano), genre : drame, récompenses : 7 d'Or 1993 : meilleur téléfilm, meilleur réalisateur, meilleur auteur, meilleur acteur (Jean-Pierre Marielle) ; Prix Italia 1992, durée : 90 minutes, disponible en DVD : zone 2 / Europe, Moyen-Orient et Japon, ASIN : B00005OT27, Warner Home Vidéo.

 

Ouvrages de référence :

Catherine Bouttier-Couqueberg, La controverse de Valladolid, Editions Pocket scolaire/universitaire poche, ISBN : 2-266-13364-0.

Claude Puzin, La Controverse de Valladolid, Récit (1992), Pièce de Théâtre (1999), Hatier, Profil d’une œuvre 2004, ISBN : 2-218-74769-3.

Lettre pédagogique CAVILAM/TV5, N°63 « La controverse de Valladolid ».

 

Parcours de l'oeuvre

Argument

En 1550, soixante ans après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, le roi d’Espagne, Charles-Quint, convoque une controverse dans un couvent de Valladolid. Une question fondamentale va être débattue : les Indiens du Nouveau-Monde sont-ils des hommes comme les autres ? En conséquence, méritent-ils d’être traités comme des humains ou sont-ils nés pour être soumis ? La décision qui sera prise mettra fin au débat et sera irrévocable.

En présence d'un légat du pape, le cardinal Roncieri, d'un représentant de Charles-Quint, le comte de Pittaluga, et devant une assemblée attentive, le chanoine Sepulveda et le dominicain Las Casas s’opposent parfois violemment. Pour Sepulveda, il existe dans le monde des sous-catégories d’humains, faites pour être dominées, les Indiens sont nés pour être des esclaves ; pour Las Casas, les Indiens sont des hommes, « nos frères », créatures de Dieu. Interviennent aussi des colons qui insistent sur les conséquences économiques graves qui découleront de la décision.

L'issue de cette controverse en forme de procès sera marquée par un coup de théâtre qui aura des conséquences sur le sort de plusieurs millions d'individus...

 

Séquence 1 : début du téléfilm (voir annexe Séquences principales)

Le film s’ouvre directement sur l‘arrivée du prélat dans la salle capitulaire, la présentation du débat et de ses protagonistes principaux. Cette scène correspond au chapitre trois du récit (Editions Pocket, pp 40-43).

 

Lecture de l’extrait N°1 - Editions pocket, pp. 40-41[voir annexe]

« Le jeune moine se dresse. (…). Une vague de latin emplit la grande salle gothique. »

Répondez en petits groupes aux questions suivantes :

1. Recherchez dans l’extrait les indications de sons, les mouvements et les gestes de personnages.

2. Quelles informations apprend-on sur le lieu ?

3. Qu’apprend-on sur les personnages : le cardinal Roncieri, les membres de l’assistance ?

4. Quel est / quels sont les points communs entre les protagonistes (personnages) ?

5. D’après vous, pourquoi le représentant du roi ne chante-t-il pas avec le reste de l’assistance ?

6. Quelles sont les informations apportées par le narrateur pour compléter la présentation de l’action en cours ?

7. Quelle est l’ambiance générale de cette scène ?

 

Lecture de l’extrait N°2 - Editions pocket, pp. 41-43 [voir annexe]

« Quatre jours plus tôt, à Cádiz, deux hommes sont descendus d’une caravelle venant de Veracruz, au Mexique ;(…) L’autre ne semble pas le remarquer. »

1. Quelle est l’image de la société espagnole de l’époque donnée à travers cet extrait ?

2. En quoi ce type de récit vous paraît-il ou non être prédéterminé pour une adaptation filmée ?

3. Donnez des arguments concrets.

 

Séquence 2 : L’exposition de la question posée dans la controverse

« Aujourd’hui le Saint-Père m’a envoyé jusqu’à vous avec une mission précise : décider, avec votre aide, si ces indigènes sont des êtres humains achevés et véritables, des créatures de Dieu et nos frères dans la descendance d’Adam. Ou si au contraire, comme on l’a soutenu, ils sont des êtres d’une catégorie distincte, ou même les sujets de l’empire du Diable. (…) Cette décision, si je l’approuve, sera ipso facto confirmée par le Saint-Père et deviendra par conséquent irrévocable. » Editions Pocket, p. 46, 47.

1. Relevez dans la scène tous les signes religieux.

2. D’après vous, quel est le sens de l’épisode de la marche qui cède sous le poids du prélat ?

3. D’après ce que dit le représentant du pape, quel est l’enjeu de la rencontre ?

4. Que pensez-vous de la manière de poser la question ? Quel est le point de vue de départ ?

5. Les personnes présentes dans l’assemblée vous paraissent-elles compétentes pour traiter le sujet ?

6. D’après vous, comment procéder pour répondre à la question posée ?

 

Séquence 3 : La longue plaidoirie de Las Casas

« Frère Bartolomé, vous avez la parole. »

« Ce que j’ai à dire est si affreux que je ne sais par où commencer. »Editions Pocket, p. 48, 49.

1. D’après le jeu du personnage, quel est le tempérament de Las Casas ?

2. Quelle est la réaction de l’audience de la controverse au discours de Las Casas ? Pourquoi d’après vous ?

3. Las Casas établit une énumération des crimes commis sur les Indiens. Quels faits dénonce-t-il ?

A-t-il des preuves ?

4. L’attitude de Las Casas est-elle convaincante pour le public ?

5. Quelle est sa stratégie pour convaincre ?

 

Séquence 4 : L’attaque de Sepúlveda

« Si son Eminence me le permet, j’aimerais vous poser quelques questions. Elles s’appliquent justement à votre vie. »Editions Pocket, p.70.

1. Quel est, d’après vous, l’objectif des questionsposées par Sepúlveda à Las Casas ?

2. Quels sont les points communs et les différences entre les deux hommes ?

 

Séquence 6 : Le serpent à plumes, le dieu Quetzacóatl.

« C’est une idole ? demande le cardinal en se levant de son siège.

- Oui, Éminence. » Editions Pocket, p. 124.

1. Comment est construit le suspens de la scène ?

2. Présentez les réactions des différents protagonistes face à la présentation de l’idole : Sepúlveda, le cardinal Roncieri, Las Casas.

3. Comment expliquez-vous leur réaction ?

4. Est-ce que l’incompréhension des protagonistes par rapport à l’art des Indiens du Nouveau-Monde est comparable à celle d’autres domaines ?

 

Séquence 7 : Rencontre entre le cardinal Roncieri et les hommes en armes

« Il y a aussi que les Indiens n’aiment pas travailler pour nous. Ça aussi, c’est vrai. Ils essaient tout le temps de s’enfuir, il faut dresser des chiens pour les rattraper, puis les enfermer, leur faire comprendre… Alors quelquefois ils préfèrent mourir, c’est vrai aussi. » Editions Pocket, p.135.

1. Faites brièvement le portrait du légat du pape.

2. Quel est l’objectif des deux hommes en armes ?

3. Que pensez-vous de leur argumentation ?

4. Quelle est la réaction du cardinal face à ses interlocuteurs ?

5. Quel est d’après vous, le rôle de ce passage dans le récit ?

« Nous faisons tout ce que nous pouvons pour eux. Pour qu’ils se plaisent avec nous. Nous les soignons quand ils sont malades, nous organisons des spectacles, avec de la musique quand c’est possible. Et puis nous leur montrons nos outils, et même comment les fabriquer. Nous leur apprenons le castillan, et toute l’histoire d’Espagne, comment nous avons chassé les Maures. »Editions Pocket, p.136.

 

Séquences 9 à 13

« J’ai finalement choisi de faire venir ici, en Espagne, quelques spécimens de cette espèce indienne. Il m’a semblé que, les ayant sous les yeux, nous serions plus à l’aise pour les examiner longuement et voir s’ils sont, ou ne sont pas, semblables à nous. » Editions Pocket, p.146.

1. Nommez les différents protagonistes de la scène.

2. De quoi s’agit-il ? Que pensez-vous de l’expérience présentée ?

3. En quoi est-elle justifiée, légitime, absurde ou inacceptable ?

4. Quelles informations donne cette séquence sur les Indiens du Nouveau-monde d’une part et sur les connaissances et attitudes des participants à la controverse d’autre part ?

 

Séquence 18 : Le Cardinal Roncieri annonce sa décision. Réactions de Sepúlveda et de Las Casas

« Mes chers frères, ma décision est prise. Comme je l’ai dit, je ne doute pas qu’elle sera confirmée par Sa Sainteté et par l’Église toute entière (…) Les habitants des terres nouvelles, qu’on appelle les Indes, sont bien nés d’Adam et d’Ève, comme nous. Ils jouissent comme nous d’un esprit et d’une âme immortels et ils ont été rachetés par le sang du Christ. Ils sont par conséquent notre prochain. (…) Ils doivent être traités avec la plus grande humanité et justice, car ils sont des hommes véritables. » Editions Pocket, pp.244-245.

1. D’après ce que dit le prélat, le frère Bartolomé a-t-il remporté la controverse ?

2. Le point de vue du cardinal a-t-il changé depuis le début de la réunion ?

3. Quels sont les derniers arguments de Sepúlveda ?

4. Comment le prélat argumente-t-il contre lui ?

 

Fin de la séquence : les Noirs seront esclaves à la place des Indiens

« S’il est clair que les Indiens sont nos frères en Jésus-Christ, doués d’une âme raisonnable comme nous, et capables de civilisation, en revanche il est bien vrai que les habitants des contrées africaines sont beaucoup plus proches de l’animal. Ces habitants sont noirs, très frustres, ils ignorent toute forme d’art et d’écriture, ils n’ont construit que quelques huttes… Aristote dirait que, comme le veut la nature de l’esclave, ils sont des êtres totalement privés de la partie délibérative de l’esprit, autrement dit de l’intelligence véritable. En effet, toute leur activité est physique, c’est certain, et depuis l’époque de Rome ils ont été soumis et domestiqués. » Editions Pocket, p. 248.

1. En quoi celle-ci constitue-t-elle un incroyable coup de théâtre ?

2. D’après vous, quelles sont les raisons qui ont amené le cardinal à prendre cette décision ?

3. La réaction de Las Casas est-elle justifiée par rapport à ce discours du cardinal Roncieri ? En quoi ?

4. À partir de ce coup de théâtre, quelles conclusions tireriez-vous sur le genre humain ?

 

Séquence 19 : La scène finale

« Et pour finir il reste là, sur le pas de la porte, le claquoir à la main. Il regarde l’Africain silencieux, qui balaie lentement les débris de l’idole. » Editions Pocket, p. 253.

1. D’après-vous, que signifie cette scène ?

2. Que pensez-vous d’une telle fin pour le film ?

 

Pour aller plus loin

Écrivez un texte (lettre, critique, note) destiné à convaincre votre lecteur de regarder ce film.

 

La controverse de Valladolid le film

Jean-Daniel Verhaeghe, réalisation; La controverse de Valladolid; Jean-Claude Carrière, scénario; FR3/La 7, Warner Home Vidéo, 1h30 mn.

http://www.dailymotion.com/video/xfgsjo_la-controverse-de-valladolid-partie-1_webcam