Lire le théâtre - ANTIGONE de Sophocle 

Ce module peut permettre de travailler le programme de Français de Terminale OE2 -Au XXe siècle, l'Homme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts / Les mythes et les figures mythiques et aussi la séquence OE3 -La parole en spectacle / Comment la mise en spectacle de la parole fait-elle naître des émotions (jusqu'à la manipulation)? 

http://www.barbeypedagogie.fr/6-ressources-pedagogiques/synth%C3%A8ses-terminale/terminale-fran%C3%A7ais-oe2/


Jean Anouilh, Antigone, Mise en scène de Nicolas Briançon, collection Copat, Le meilleur du Théâtre, 2003, 1h57 mn.

http://crdp.ac-bordeaux.fr/lettre/numerique/24/File/theatre-DVD-oct08.pdf

CNDP / SOPAT, 2004. 1 disque optique numérique (DVD-vidéo) ; 120 mn. ISBN 978-2-240-01959-2, N. normalisé 755D0114. Résumé : Pièce mise en scène par Nicolas Briançon au Théâtre Marigny en 2003. La pièce est complétée par des interviews de Nicolas Briançon, Barbara Schulz et Robert Hossein, et par une analyse de la mise en scène par Nicolas Briançon lui-même. Cote : DVD T ANO


Sophocle, Antigone,  adaptée au théâtre par Jean Cocteau, Gallimard, 1948, 111 p.

Etude d'une oeuvre intégrale : Antigone

D’après Sophocle (poète tragique grec, 496-406 avant notre ère), oeuvre contractée par Jean COCTEAU (1889-1963) de l’Académie Française.

Biographie de Sophocle

Sophocle (496 à 406 avant Jésus Christ environ) naquit à Colone, près d'Athènes. Fils d'un riche athénien, le jeune Sophocle reçut une bonne éducation. Il connut le succès dès son plus jeune âge, remportant le premier prix de théâtre face à un autre dramaturge célèbre, Eschyle. Tout au long de sa carrière, Sophocle dut néanmoins se contenter des deuxièmes prix. Il introduisit dans ces pièces le troisième acteur (jusque là, seuls deux acteurs jouaient tous les rôles) et supprima le système de la trilogie (à cette époque, les pièces de théâtre étaient écrites par groupes de trois).

Sophocle, bien qu'homme de lettres, s'engagea néanmoins dans la vie politique de sa cité. Il fut tout d'abord nommé héllénotame (chargé de veiller à la collecte des impôts au profit de la ligue de Délos) puis il fut nommé stratège, aux côtés de Périclès. Il mourut en 406 avant Jésus Christ.

Sur les 123 pièces qu'il aurait produites, seule une dizaine sont parvenues jusqu’à nos jours.

 

Commentaire

Dans cette œuvre tragique grecque "Antigone", Sophocle met en évidence l'opposition qu'il peut exister entre la loi écrite de la Cité et la loi morale des individus.

Cette pièce de théâtre composée vers 441 avant Jésus-Christ, raconte l'histoire malheureuse d'Antigone, fille d'Oedipe. Ses deux frères, Etéocle et Polynice, sont morts. Le premier a droit à un tombeau et à des funérailles alors que le second doit être laissé sans sépulture. Antigone ne respecte pas ce décret pris par son oncle Créon, roi de Thèbes. Elle est condamnée à mort.

Dans la pièce, Créon s’affronte à trois personnes, son fils Hémon, le devin Tirésias, et enfin sa nièce Antigone, qui ira au plus loin de ses croyances. Elle doit offrir à son frère une sépulture décente pour que son âme puisse connaître le repos éternel.

Dès le début, dans le prologue, les intentions d'Antigone sont claires. Elle met sa sœur Ismène au courant de son projet d'offrir une sépulture à leur frère Polynice. Ismène ne soutiendra pas Antigone dans sa décision car elle se sent « incapable de lutter contre toute une ville ».

Alors que Créon défend à quiconque de donner une tombe à Polynice, Antigone accomplit ce qu'elle considère être son devoir. Elle sait pourtant que quiconque désobéira à l’ordre du roi sera condamné à mort.

 

Le contexte de la pièce de Sophocle

Antigone appartient aux légendes attachées à la ville de Thèbes. Elle est l’une des enfants nés de l’union incestueuse du roi de Thèbes Œdipe et de sa propre mère, Jocaste. Antigone est la sœur d’Ismène, d’Etéocle et de Polynice. Elle fait preuve d’un dévouement et d’une grandeur d’âme sans pareils dans la mythologie. Quand son père est chassé de Thèbes par ses frères et quand, les yeux crevés, il doit mendier sa nourriture sur les routes, Antigone lui sert de guide. Elle veille sur lui jusqu’à la fin de son existence et l’assiste dans ses derniers moments.

Puis Antigone revient à Thèbes. Elle y rencontre une nouvelle et cruelle épreuve. Ses frères Etéocle et Polynice se disputent pour le pouvoir. Polynice fait appel à une armée étrangère pour assiéger la ville et combattre son frère Etéocle. Du fait que les deux frères meurent, leur oncle Créon prend le pouvoir. Le nouveau roi ordonne des funérailles nationales pour Etéocle et interdit dans le même temps toute sépulture pour Polynice, considéré comme un  traitre s'étant allié à des étrangers pour lutter contre sa propre cité. De ce fait, l'âme de Polynice, privée d'une tombe, sera condamnée à errer à jamais. 

Pourtant Antigone, qui considère comme sacré le devoir d’ensevelir les morts, se rend une nuit auprès du corps de son frère et verse sur lui, selon le rite, quelques poignées de terre. Créon apprend d’un garde qu’Antigone a recouvert de poussière le corps de Polynice. On amène Antigone devant lui et il la condamne à mort. Elle est enterrée vive dans le tombeau de sa famille, les Labdacides. Plutôt que de mourir de faim, elle préfère se pendre.

Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone se suicide de désespoir. Eurydice, l’épouse de Créon ne peut supporter la mort de ce fils qu’elle adorait et met fin elle aussi à ses jours.

 

La pièce de Sophocle (441 avant Jésus-Christ) commence lorsque Antigone décide de braver l’interdiction de son oncle Créon et d’ensevelir le corps de son frère Polynice. 

 

Sens de la pièce de Sophocle

C'est à l'Antigone de Sophocle « que remontent les différentes lectures qui font d'Antigone la figure emblématique polysémique que nous connaissons aujourd'hui. »

Mais qui était donc l'Antigone du V° siècle avant J.-C.? », se demande Anne-Françoise Jacottet, qui tente « de replacer la tragédie qui porte son nom dans le cadre socio-culturel, historique, mais aussi institutionnel pour lequel cette oeuvre a été pensée et conçue.»

Or, resituée dans son contexte d'origine, la figure d'Antigone est ambivalente, tout comme les valeurs qu'elle véhicule et les comportements qu'elle adopte.

Sophocle a écrit une véritable tragédie, une dramatisation du conflit entre des valeurs opposées, les valeurs de la cité représentées par Créon, et les valeurs familiales aristocratiques représentées par Antigone.

« En refusant d'enterrer sur le sol de la patrie un traître à la cité et à ses dieux, [Créon] agit en maître de la cité responsable de la destinée de toute la communauté : si une souillure venait à frapper la cité par suite de l'ensevelissement que réclame Antigone, c'est la communauté entière qui ferait les frais des exigences individuelles d'une famille. [...] il n'y a pas un Créon qui a tort, un Créon bourreau, et une Antigone qui a raison et qui est victime. [...] Les deux thèses sont donc, au départ, équilibrées et reflètent par la problématisation qu'elles proposent, le débat démocratique sur la place de la famille et de l'État dans la question de la sépulture. »

« Si l'équilibre des valeurs représentées est finalement rompu, c'est par l'excès, par la démesure, par l'intransigeance des deux protagonistes. Antigone, aussi bien que Créon, pèche par hybris, par excès orgueilleux. C'est cette attitude extrême des deux antagonistes qui va les conduire tous deux à leur propre perte.»

- Anne-Françoise Jaccottet, « Antigone : la création d'une tragédie pour le théâtre athénien, dans Muriel Gilbert (dir.), Antigone et le devoir de sépulture, Genève, Labor et Fides, Actes et recherches, 2005, p. 27-42).

 

Pour Jean-Pierre Vernant, Créon et Antigone incarnent deux types de religiosité. Antigone est la figure d’une religion privée, centrée sur le foyer domestique et le culte des morts, tandis que Créon est le représentant d’une religion publique proclamant les valeurs suprêmes de l’État.

Antigone n’aurait donc pas su dépasser son attachement familial (philia) à l’égard de son père Œdipe et de son frère Polynice. Elle se serait cantonnée dans son rôle privé de fille et de sœur, sous-estimant ses devoirs civiques.

- Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet, Mythe et tragédie dans la Grèce ancienne, Paris, Maspero, 1972, p. 34.

 

Par contre, selon Maryvonne David-Jougneau, Sophocle invente précisément le mot autognotos pour caractériser chez Antigone la capacité de déterminer par elle-même ce qui est bon en se référant à des lois qui, inscrites dans le cœur humain par la divinité, engagent l’humanité tout entière.

Antigone est une dissidente au vrai sens du mot, car elle refuse de se soumettre à un ordre injuste et, au-delà de la raison d’État et du droit particulier, elle se laisse guider par des principes de portée universelle.

- Maryvonne David-Jougneau, Antigone ou l’aube de la dissidence, Paris et Montréal, L’Harmattan, Lecturephilosophique, 2000).


Les différentes adaptations de la pièce

Antigone, Jean Cocteau, 1922.

 La pièce contractée et adaptée est représentée au théâtre de l’Atelier le 20 décembre 1922. Dullin tient le rôle de Créon, Antonin Artaud celui de Tirésias et c’est Jean Cocteau lui-même qui incarne le Chœur. Les décors sont dessinés par Picasso, la musique est composée par Honegger, et les costumes sont de Chanel. Elle provoqua un chahut surréaliste.

 

Antigone, Jean Anouilh, 1944.

Jean Anouilh réécrit cette pièce en 1942. Elle est créée le 4 février 1944 au théâtre de l’Atelier à Paris, dans une mise en scène d’André Barsacq. Elle est ensuite publiée en 1946, aux éditions de la table Ronde et figure dans les Nouvelles pièces noires parues la même année. Anouilh l’inscrit dans le contexte de son temps. « L’Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l’ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre ». Cette pièce, créée en 1944, connaît un immense succès public mais engendre une polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l’ordre établi en faisant la part belle à Créon et à ses partisans alias l’occupant et les collaborateurs. Ses défenseurs, au contraire, voient dans Antigone la “première résistante de l’histoire” et dans la pièce un plaidoyer pour l’esprit de révolte face au despotisme de l’occupant.

 

Antigone, Bertolt Brecht, 1947.

L'allemand Bertolt Brecht fut le régime nazi en 1933. Il se réfugie au Danemark, pays du roi qui portait lui-même l'étoile jaune en signe de protestation. Il part ensuite aux Etats-Unis où il découvre le joug du Maccartisme. Il décide d'adapter Antigone en 1947 lors d'un séjour à Zurich en Suisse. Il déplace l'intrigue au moment de la défaite de Stalingrad et place la pièce sous le signe de la condamnation du nazisme et du rôle que chacun a joué durant cette période sombre de l'Histoire.

  

Sources 

www.comptoirlitteraire.com

http://www.academon.fr  

http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossier/Antigone

http://www.491.fr/Archives%2000/Chavassieux.html

http://www.Alalettre.com


Biographie de Jean Cocteau

Jean Cocteau naît Place Sully, à Maisons-Laffitte, le 5 juillet 1889 dans une famille de la haute bourgeoisie fortunée. Sa mère, Eugénie, vient d’une famille parisienne d'agents de change, et son père, Georges, est avocat puis rentier. Comme il est nerveux, extrêmement sensible et qu’il tombe souvent malade, sa mère le couve et fait de lui un enfant-roi.

Pour des raisons mal élucidées, son père se suicide d’une balle dans la tête, alors qu’il n'a que neuf ans. Avec sa sœur aînée, Marthe, et son petit frère, Paul, il passe sa prime enfance soit à Maisons-Laffitte, soit à Paris, dans un hôtel particulier. Il disait de lui : «Je suis né parisien, je parle parisien, je prononce parisien» (“Portraits-Souvenir”).

Son grand-père, amateur éclairé, l'éveille à la musique. Son père, qui dessinait et peignait volontiers, lui avait transmis ses dons picturaux. Sa mère l'emmena très tôt au théâtre, où il contracta ce que, dans “La difficulté d'être“, il appela «le mal rouge et or», par allusion au rideau traditionnel en velours rouge et à frange d’or qu’il avait vu se lever lorsqu’il assista à une première représentation au Châtelet du « Tour du monde en quatre-vingts jours».

Dans sa chambre, il improvise des spectacles où il réinvente le monde. Doté de dons multiples et complémentaires, il pratique l’écriture et le dessin qui, pour lui, sont indissociables : «Écrire, pour moi, c’est dessiner, nouer des lignes de telle sorte qu’elles se fassent écriture, ou les dénouer de telle sorte que l’écriture devienne dessin» - «Somme toute, je cerne les fantômes, je trouve les contours du vide, je dessine». Au lycée Condorcet, il est pourtant, un «mauvais élève» qui a du mal à se discipliner. Il échoue quatre fois au baccalauréat. On le renvoie pour indiscipline en 1904. S'il eut une brève liaison avec la comédienne Madeleine Carlier, dont on trouve trace dans “Le grand écart”, ce fut l'époque où il découvrit son homosexualité.

Lasse de voir son fils perdre son temps en futilités scolaires, sa mère accepte de le soutenir quand, à sa majorité, il lui annonce son désir de devenir écrivain. Étonnant par la maîtrise et la fulgurance de ses vers où, grand admirateur de Rimbaud et de Mallarmé, il manie le verbe symboliste avec délicatesse et circonspection, il a des débuts littéraires, qui le font connaître rapidement et lui attirent un succès mondain.

Présenté dès 1908 comme un jeune prodige, il multiplie apparitions et prestations poétiques et devient la coqueluche des salons, en particulier celui de la comtesse Adhéaume de Chevigné. Il jouit d'abord en «prince frivole» de ses triomphes auprès des comédiens, des femmes du monde, des artistes et des écrivains en vue : Sarah Bernhardt, Mistinguett, Anna de Noailles, le portraitiste Lucien Daudet, Rostand, Martin du Gard, Proust.

À l’âge de vingt ans, le jeune dandy, qui avait affiché sur le mur de sa chambre : « Trop est juste assez pour moi », fait paraître des dessins dans une revue, entre dans la poésie «comme on entre dans les ordres», commence à publier des poèmes où il explore les territoires immenses de l'envers des choses, du mystère de l'au-delà, de l'imaginaire de la mort, de «l'étrange proximité du visible et de l'invisible» (“La poésie ou l'invisibilité”).

En 1922, il écrit son Antigoned’après Sophocle puis beaucoup d’autres œuvres dont La Machine infernale(1934) et la Belle et la Bêteadaptée pour le cinéma (1946). Il entre à l’Académie Française en 1955.

 

Antigone (Tragédie, Cocteau, 1922)

Tragédie en prose, en un acte.

 

1. Pages 13-17   Antigone parle à sa soeur Ismène de son projet de donner une sépulture à leur frère Polynice. 

Ismène dissuade sa sœur Antigone d’enfreindre l’ordre de Créon et d’ensevelir le corps de Polynice. Ismène exhorte sa sœur à la prudence (« Ceux qui commandent sont plus forts que nous ») .

Antigone refuse ces conseils de sagesse. Elle n’entend pas devenir raisonnable Le temps où je dois plaire aux morts est plus considérable que celui où il me faut plaire aux vivants »).

2. Pages 18-23 Le choeur explique et replace les évènements dans leur copntexte. Créon est le nouveau roi de Thèbes.   

Créon harangue le peuple et réaffirme ses principes de gouvernement. Il ne cédera jamais à des intérêts particuliers au détriment de ceux de la Cité (« Je blâme encore le chef qui sacrifierait la masse aux intérêts d’un seul individu »). Aussi, Polynice ne sera pas enterré.

Un garde apeuré et lâche rapporte que quelqu’un a rendu les honneurs à Polynice. Créon dénonce les traîtres vendus qui lui ont désobéis («  Ils payent les coupables. Les mortels ont inventé l’argent. L’argent, l’argent ignoble ! L’argent ruine les villes, fausse les cœurs droits, démoralise tout »).

3. Pages 23 - 35  Antigone est la coupable. Créon dit qu’elle doit mourir.

Le garde veut sauver sa peau. Il tend un piège et surprend Antigone en train de verser des libations sur le corps de son frère. Il la livre à Créon. Antigone avoue et assume (« Devais-je donc, par crainte de la pensée d’un homme, désobéir à mes dieux ? »).

Créon est frappé dans son orgueil (« Descends donc chez les morts aimer qui bon te semble ; mais de mon vivant, jamais une femme ne fera la loi »). Il fait venir Ismène qu’il pense être complice de sa sœur. Ismène veut s’accuser aussi. Antigone le lui défend et l’innocente. Créon condamne Antigone à la mort. 

4. Pages 35 - 41  Hémon prend la défense de sa fiancée contre son père.

Hémon apprend la condamnation de sa fiancée. Il prend sa défense. La rumeur publique s’offusque de la décision de Créon de mettre à mort Antigone (« « Quoi, on la tue pour avoir enterré son frère ? Mais elle mérite qu’on la récompense. » »)  Il critique son père (« Tu terrorises le peuple »). Une violente dispute s’ensuit. Hémon évoque son suicide. Créon s’obstine. Il murera vivante Antigone dans une caverne. 

5. Pages 42 - 46  Antigone justifie son acte devant le peuple de Thèbes.

Elle agit par amour pour son frère et pour sa famille. Elle a agi par respect pour les dieux de la Cité. Elle disparaît dans la caverne. 

6. Pages 46 - 50  Le devin Tirésias intervient et somme Créon de changer son ordre.

Créon fait fausse route. Les dieux n’approuvent pas sa décision (« Depuis, les dieux repoussent nos sacrifices et les bêtes gorgées de charogne hurlent partout »). Créon s’entête toujours plus. Il finit cependant par douter (« Il est atroce de céder. D’autre part, il est atroce d’attirer la malchance en s’obstinant. Que me conseilles-tu ? »). Enfin, il change d’avis et veut maintenant sauver Antigone. 

7. Pages 51 - 55  Le sort s’acharne sur Créon.  

Il est trop tard. Un messager rapporte à Eurydice les derniers événements : Antigone s’est pendue dans la caverne et Hémon s’est suicidé. Eurydice, folle de douleur en apprenant la mort de son fils, se suicide à son tour. Créon regrette ses actes mais il est trop tard («  Il faut craindre d’injurier les dieux. Trop tard, Créon, trop tard »).

 

Les didascalies et la mise en scène

Lors de la reprise de la pièce en 1927, les tragédiens portent des masques transparents et un juste au corps noir. Les acteurs articulent beaucoup mais bougent peu. Le chœur parle vite et haut comme s’il lisait. Sa voix sort d’un trou situé au centre du décor. Il n’y a aucun figurant sur la scène. Le rideau se lève sur Antigone et Ismène, de face, immobiles l’une contre l’autre. 

1. Pages 13 à 17  Dialogue entre Antigone et Ismène.

Ismène, gravissant les marches de droite. Elle sort. Antigone reste seule, prend son élan pour toute la journée, disparaît par la coulisse de droite. 

2. Pages 18 à 23  Le Chœur, Créon, le garde.

Créon, à la porte de gauche

Un garde. Il entre, s’agenouille et parle. Il sort ainsi que Créon. 

3. Pages 23 à 35  Le Chœur, le garde, Créon, Antigone, Ismène.

Par la coulisse de droite on voit d’abord entrer Antigone avec, sur les épaules, les mains du garde qui la pousse, puis le garde.

Antigone et Créon se parlent de tout près; leurs fronts se touchent.

Ils sortent. 

4. Pages 35 à 41 Le Chœur, Créon, Hémon. 

5. Pages 42 à 46 Le Chœur, Antigone, Créon.

Antigone parait à droite entre les deux gardes. Elle s’arrête. Marche. Halte. Marche.

Sur un élan d’Antigone le garde de droite laisse tomber sa lance devant elle. Le garde de gauche saisit le bout de la lance. Antigone l’empoigne. Elle a l’air d’une femme à la barre d’un tribunal entre deux municipaux.

Marche.

Antigone conduite par les gardes descend au premier plan, en contrebas. Un des gardes entre dans une trappe, l’autre le suit et tire légèrement Antigone par son manteau. Elle s’enfonce à son tour.

Antigone, à mi-corps. Elle disparaît. 

6. Pages 46 à 50  Le Chœur, Tirésias, Créon.

Tirésias entre par la droite, guidé par un jeune garçon.

Il sort (Tirésias).

Il sort (Créon). 

7. Pages 51 à 55 Le Chœur, un messager, Eurydice, Créon.

Décor seul et musique.

Eurydice parait en haut des marches, à droite, elle parle péniblement.

Eurydice reçoit ce paquet rouge et disparaît à reculons.

Un long temps. Un long temps. Un long temps.

Il entre dans le palais (le messager).

Il(Créon) traîne le cadavre sur son dos. Il le fait rouler par terre, s’agenouille, lui caresse les cheveux.

Il (Créon)montre toute la longueur de son fils.

Créon monte les marches à droite et regarde.

Créon, d’une voix stupide.

Rideau.


Evaluation 

Questions sur l'oeuvre [12 points]

1. Pourquoi Antigone désobéit-elle au Roi ?

2. Pensez-vous qu’Antigone soit une adolescente rebelle ? Pourquoi ?

3. De quelles belles qualités Antigone fait-elle preuve ?

4. Pensez-vous qu'Antigone a raison d'aller jusqu'au bout de ses choix jusqu’à mourir ?

5. Croyez-vous qu'il est important de défendre ses propres valeurs ? Pourquoi ?

 

Compétences d’écriture [8 points]

Selon vous, pour quelles valeurs, pour quelles personnes faudrait-il être prêt à mourir ?

Expliquez votre point de vue dans un texte argumenté d'au moins 40 lignes.