Synthèse des cours - TERMINALE - GEOGRAPHIE - SE7

T-G-SE7. Les transformations de l'espace productif et décisionnel

DOCUMENTS : https://www.barbeypedagogie.fr/6-ressources-pedagogiques/iconographie-terminale-pro/g%C3%A9ographie-terminale-se7/

 

Depuis plus de 50 ans et avec la mondialisation, l'espace productif et décisionnel français a changé. 

 

Quelles sont ces transformations et comment les expliquer ?

 

1. De nouvelles conditions de localisations 

Ouverture sur le monde (délocalisations)

Nouvelles activités liées aux nouvelles technologies

Nouvelles entreprises regroupées au sein de technopôles

Nouvelles conditions de travail (télétravail)

 

2. Redéploiement du système productif et décisionnel

Moyens de transports rapides reliant les métropoles sur les interfaces

 

3. Nouveaux dynamismes, tertiarisation, division spatiale du travail

Espaces agricoles (contraction, performances, déprises diagonale et montagne)

Espaces industriels (reconversion, industries de pointe, croissant périphérique)

Espaces tertiaires (diversification, diffusion urbaine, déprise campagne)

Une urbanisation écrasante de la population autour de l'emploi et des services 

 

Repères

Division internationale du travail : répartition des tâches productives et décisionnelles entre les Etats en fonction de leurs atouts respectifs.

Interface : ligne de contact par où les échanges s'effectuent.

Pôle de compétitivité : ensemble d'entreprises et de centres de recherches regroupés dans une même région autour de projets innovants communs. Il y en a 71 en France.

Technopôle : site associant recherche, formation et industrie. 

PME : Petites et Moyennes Entreprises (moins de 50 salariés).

TPE : Très Petites entreprises (souvent unipersonnelles).

Secteur primaire : principalement agriculture et pêche (matières premières) [- de 5%],

Secteur secondaire : industrie (transformation des matières premières) [env.15%],

Secteur tertiaire : commerce et services, communication (secteur quaternaire ?) [80 %].

 

Clés de compréhension

1. Une mutation progressive des espaces productifs et décisionnels

Jusque dans les années 1960, l’espace agricole s'étend sur le territoire français. L'espace industriel est surtout situé à l'est d'une ligne Le Havre-Montpellier (gisements charbonniers, grandes villes). L'espace tertiaire est surtout concentré dans les villes.

Puis, de nouveaux facteurs de localisation apparaissent. Des pans du secteur industriel reculent (textile, sidérurgie, construction navale) mais d'autres gagnent du terrain (électronique, informatique). De nouveaux savoir-faire, des services spécialisés, une main d'oeuvre de haut niveau sont nécessaires. Le secteur tertiaire explose.

Apparaissent également de nouvelles formes de travail du fait de la prolifération des PME (télétravail).

Un nouveau contexte émerge. L'ouverture sur l'Europe et sur le monde entraîne la concurrence (agricole, industrielle) et une division internationale du travail. Les entreprises françaises délocalisent pour faire baisser les salaires et les charges et augmenter les bénéfices de leurs actionnaires (financiarisation). 

 

De nouvelles logiques de localisation se font jour. Les entreprises cherchent à s'installer près des voies de transports rapides (TGV, autoroutes, aéroports). Paris, Lyon , Lille sont des métropoles de plus en plus attractives.

 

La région Nord-Pas-de-Calais a connu une crise industrielle dans les années 1980. L'industrie textile et les industries lourdes ont disparu. Les friches industrielles ont été reconverties et les activités de services et de haute technologie se multiplient. 

 

Lille-métropole est une agglomération qui dispose aujourd’hui d'atouts liés à sa situation (Belgique-Bruxelles /Pays-Bas/Allemagne - Angleterre-Londres par L'Eurostar, autoroutes -A1), à sa population (Lille env. 230.000 h / Lille métropole 85 communes pour 1.2 million h) et à ses traditions économiques entraînant sa vitalité :

- quartier d'affaires Euralille : 500 entreprises avec 14.000 emplois,

- Eurosanté : 143.000 entreprises pour 20.000 emplois, 

- Euratechnologies (e-business) : 130 entreprises, 10.700 emplois,

- Haute Borne (développement durable) : 119 entreprises, 5.900 emplois,

- Plaine Image (industries culturelles et créatives) : 66 entreprises, 10.000 emplois. 

 

La nouvelle grande région Nouvelle Aquitaine (Aquitaine Limousin Poitou Charentes) est créée au 1er janvier 2016. Elle devient le troisième région française par le PIB avec plus de 153 millions d'euros. Son budget est de 2,5 milliards d'euros. Elle est aussi grande que l'Autriche ou la République Tchèque avec 83.300 km2. Elle compte 5,7 millions habitants (soit 69,4 h/km2 / France 117).

- C'est la 1ère région agricole d'Europe (en chiffre d'affaires) et en emplois agricoles (180.000, agroalimentaires, vins, spiritueux). Elle comporte près de 130.000 hectares en agriculture biologique et plus de 19.000 exploitations bénéficiant d'un label d’identification de qualité ou d'origine.

- C'est le deuxième région (1ère Ile-de-France IDF) en termes de recherche et innovation (2 milliards d'euros) avec 11 pôles de compétitivité. Elle comporte 22.400 installations photovoltaïques.

- C'est la 5ème région pour la création d'entreprises. 

- La Nouvelle Aquitaine est le premier employeur dans le secteur du tourisme sur son territoire (14 millions de nuits d'hôtel, 22 millions de nuits hôtellerie de plein-air en 2013).

- La nouvelle Aquitaine comprend 396 lycées (publics et privés, en 2014), près de 196.000 lycéens (en 2014), plus de 37.000 apprentis (en 2012), près de 179.000 étudiants (en 2012-2013) et 6 pôles universitaires.

- 52.100 personnes ont voyagé quotidiennement dans les TER de Nouvelle Aquitaine.

La Nouvelle Aquitaine gère l’éducation/formation, l'innovation/emploi/développement économique et croissance verte, les territoires/écologie et la qualité de vie. Depuis 2014, les régions gèrent les fonds européens FSE (Fonds social européen), FEDER (Fonds européen de développement régional), FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) et FEAMP (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche).

 

Les interfaces attirent comme les régions frontalières ou les littoraux. Ces espaces de contact, tels que la région lilloise ou l'Alsace, facilitent les coopérations et les échanges.

Les métropoles concentrent les fonctions de commandement (sièges sociaux, banques) et offrent de services aux particuliers (hôpitaux, facultés) et aux entreprises (juristes, publicitaires). Ces métropoles gagnent peu à peu sur les campagnes (périurbanisation).

 

2. Le redéploiement des espaces productifs et décisionnels

Les espace tertiaires concentrent les services sous forme de fonctions de commandement et de décision, de services aux particuliers (commerces, banques, salles de spectacle, lycées, facultés) et aux entreprises (agences de conseil et de publicité).

Les espaces tertiaires se situent surtout dans le cœur des villes et à leur périphérie. Les grandes métropoles (Paris, Lyon) renforcent leur puissance grâce à l'accroissement de leur population, à la concentration d'organismes de commandement et à la création de multiples réseaux (métropolisation). Les espaces de montagne, les littoraux attirent eux aussi les activités tertiaires (tourisme, échanges). Les petites villes, surtout celles de la diagonale du vide, voient leurs services disparaître progressivement.


Centre ville : services administratifs, banques, assurances, services aux entreprises et aux personnes, lycées anciens,

Proche banlieue : collèges et lycées récents, supermarchés,

Grande banlieue : campus universitaires, technopôles, centres hospitaliers, hypermarchés, gares ferroviaires et routières,

Espace périurbain : aéroports, plateformes multimodales, centres commerciaux.


Les espaces industriels sont en voie de rééquilibrage. Le textile et la sidérurgie disparaissent peu à peu pour des biens de consommation ou des activités tertiaires. De nouvelles industries prolifèrent (haute technologie) et se regroupent en technopôles ou pôles de compétitivité. L'industrie se déconcentre sur le territoire (Île de France, Rhône-Alpes). Les activités de pointe se concentrent surtout à l'ouest et au sud d'une ligne Le Havre-Montpellier dans un croissant périphérique dynamique.


Les espace agricoles sont menacés. Ils diminuent sans cesse au profit des zones urbaines (périurbanisation). Ils se banalisent (agrandissement, modernisation, uniformisation). Ils ont des dynamiques différentes : régions de grandes cultures ou d'agriculture spécialisée très dynamiques, montagnes, polyculture, élevage en déprise.