Synthèse des cours - CAP - HISTOIRE - SE4

CAP-SE4- Guerres et conflits en Europe au 20e (XXe) siècle

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Le XXème siècle a été le pire de toute l'Histoire de l'Homme. Le continent européen fut le cœur du carnage. La violence et les moyens technologiques mis à son service ont atteint des sommets inimaginables.

 

Pourquoi les sociétés européennes ont-elles été si profondément marquées par les guerres et les conflits du XXème siècle ?

 

La Première Guerre mondiale introduit des armes nouvelles dans la guerre : artillerie lourde, blindés, véhicules automobiles, avions de chasse et de bombardements aériens. Les chars percent les lignes ennemies. C'est la fin de la cavalerie. Des armes meurtrières fauchent les hommes par centaines voire par milliers en un seul jour : gaz asphyxiants, lance-flammes, grenades, mitrailleuses.

 

Les soldats sont traumatisés par la violence sauvage des combats et surtout par le bombardement des tranchées où ils tentent de se protéger en vain. Ils sont confrontés à l'épuisement, à la saleté, à la boue, à la souffrance morale, au spectacle quotidien de la mort. Ils se sentent comme coupés du monde des hommes civilisés. Les destructions sur le front sont totales. La Grande guerre se solde par un bilan sans précédent, plus de 10 millions de morts. Et elle ouvre la voie au siècle le plus sanglant de l'histoire des Hommes.

 

Le 20e siècle apparaît comme un siècle de barbarie. La Seconde Guerre mondiale (1939-1945), conséquence directe de la Grande guerre de 1914-1918, ajoute encore plus aux horreurs de la Première : déportations, camps de concentration, camps d'extermination. Six millions de juifs meurent dans la Shoah (la catastrophe en hébreu). Les criminels de guerre nazis sont jugés après  la guerre au procès de Nuremberg en Allemagne. La plupart seront pendus.

 

Mais à partir de 1949, la Guerre froide commence entre les deux blocs américain (USA) et communiste (URSS) jusqu'en 1989. Durant cette période, environ 150 conflits armés liés à cet affrontement et à la décolonisation (guerre d'Indochine, guerre de Corée, guerre du Vietnam, guerre d'Algérie, etc.), font plus de 100 millions de morts. Une Troisième Guerre mondiale qui n'a pas dit son nom.

 

Aujourd'hui, le monde reste instable et les conflits régionaux et les guerres civiles le déstabilisent encore plus (conflit israëlo-palestinien, guerres en ex-Yougoslavie, guerres du Golfe, Koweit, Irak, Afghanistan, soulèvements en Tunisie, en Libye, en Egypte, en Syrie, guerres civiles au Soudan, au Mali, en Centrafrique, etc.).

 

  

CAP-H -SE4 - Situation 1 : Verdun et la mémoire de la bataille : une prise de conscience européenne ?

La bataille gigantesque de Verdun fait près de 700.000 morts dont plus 300.000 soldats français en 10 mois. Certains jours, jusqu'à 3.000 soldats perdent la vie. C'est l'horreur la plus totale, le plus haut degré de sauvagerie jamais atteint.

 

La force symbolique de la bataille de Verdun ne peut néanmoins s’expliquer par le seul gigantisme des combats de l’année 1916. Au début de la Grande Guerre, Verdun sonne déjà comme un lieu symbolique. C’est pour cette raison que le haut commandement allemand choisit d’attaquer Verdun. Si Verdun était tombé, c’est une page universelle qui se tournait car Verdun, en 1916, c’est « La ville frontière » par excellence. C’est la ville où se joua le sort de l’empire carolingien en 843. C’est la ville où prit (temporairement) fin une certaine idée de l’Europe.

 

Le 23 septembre 1984, en commémorant ensemble les combats de 1916, le Chancelier allemand, Helmut Kohl et le Président de la République française, François Mitterrand, s’inscrivaient dans ce double héritage : un héritage court : celui de la bataille de 1916, un héritage long : celui de l’acte fondamental de 843. La commémoration de Verdun est aussi un moyen fort de rappeler que, grâce à la construction européenne, la guerre a enfin disparu entre les deux nations sœurs, la France et l'Allemagne, issues de l'empire de Charlemagne.  

  

CAP-H -SE4 - Situation 2 : Le génocide juif : un crime contre l'humanité
La folie de Hitler et son désir de trouver à tout prix des coupables à la défaite de l'Allemagne de 1918 l'amènent à désigner les juifs comme les responsables du désastre. Dès qu'il arrive au pouvoir en Allemagne en 1933, il entame avec son parti nazi une vaste campagne d'humiliation des Juifs. Rien ne leur est épargné (brimades, confiscations de leurs biens, renvoi de la fonction publique, etc.) et beaucoup préfèrent fuir à l'étranger.
 
Après 1939 et le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, Hitler met en place ce qu'il appelle la solution finale des juifs. A partir de 1942, à la conférence de Wannsee (Berlin), le système des camps d'extermination est mis en place. Tous les juifs des territoires conquis par l'armée allemande doivent mourir.
 
Des trains sillonnent toute l'Europe pour jeter les juifs, hommes, femmes et enfants, dans les camps de la mort, comme celui d'Auschwitz en Pologne. Là,ils sont dépouillés de leurs derniers biens puis exécuter par des gaz mortels. Leurs corps sont brûlés dans des fours crématoires.  
 
En 1944, un juriste américain Raphaël Lemkin, crée le mot génocide (l'assassinat d'un peuple) pour désigner ce massacre à grande échelle. Les juifs préfèrent l'appeler la Shoah (la catastrophe). Pour condamner ces actes barbares et ceux qui les ont commis, les juges du Tribunal de Nuremberg créent l'accusation de crime contre l'humanité défini comme l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout acte inhumain commis contre toute population civile ou bien la persécution pour des motifs politiques, sociaux ou religieux.
 
Malheureusement, d'autres génocides ont eu lieu après celui commis sur les juifs : entre 1975 et 1978, le régime des Khmers rouges communistes a fait plus de deux millions de morts au Cambodge et le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994 a entraîné la mort de près d'un million de personnes en trois mois.
  
CAP-H -SE4 - Situation 3 : Un conflit localisé récent en Europe - Le Kosovo

Le conflit au Kosovo ensanglante le sud de l'Europe dans les années 1990. Après 40 ans de régime communiste totalitaire en Yougoslavie, la mort de Tito en 1980 entraîne une déstabilisation importante de la région. Au début des années 1990, différentes guerres déchirent l’ex-Yougoslavie.

 

En 1989, suite à la suppression de l’autonomie de la province du Kosovo par le gouvernement de Belgrade, des manifestations importantes sont réprimées violemment et sont suivies de mesures discriminatoires à l’égard de la communauté albanaise. Une résistance active et non violente menée par Ibrahim Rigova s’installe puis une résistance armée se développe à partir de 1996. En février 1998, le massacre de résistants intensifie les combats armés entre l’armée serbe, les paramilitaires serbes et la résistance.

 

Fin 1998, l’OSCE mandate des observateurs internationaux pour vérifier le respect du « cessez-le-feu », mais cette présence s’avère insuffisante et en mars 1999 l’OTAN bombarde la Serbie en vue de protéger la population albanaise du Kosovo. En juin 1999 le gouvernement serbe capitule et le conseil de sécurité des Nations Unies proclame la résolution 1244 qui place le territoire du Kosovo, toujours intégré à l’Etat de ‘Serbie – Monténégro’, sous protectorat de l’ONU, via la MINUK qui contrôle le parlement et le gouvernement régional.Depuis juin 1999, la sécurité est assurée essentiellement par la KFOR, force armée multinationale de l’OTAN, qui applique les décisions de la MINUK.

 

Après la guerre et depuis cette présence internationale, les citoyens du Kosovo qui y sont restés ou revenus vivent séparément les uns des autres, suivant leur communauté d’appartenance. Ainsi la plupart des habitants d’origine serbe se sont regroupés dans le Nord du territoire, les habitants d’origine albanaise étant majoritairement répartis dans tout le Sud ; il existe cependant des « enclaves » albanaises au Nord et serbes au Sud. Les communautés minoritaires (Bosniaques, Roms, Ashkalis, Gorans, …) habitent généralement dans des camps sur l’ensemble du territoire.