Synthèse des cours - CAP - HISTOIRE - SE2

CAP Histoire

Sujet d'Etude 2 -SE2- Être ouvrier en France du 19e (XIXe) au 21e (XXIe) siècle

 

SYNTHÈSE : https://www.barbeypedagogie.fr/6-ressources-pedagogiques/synth%C3%A8ses-premiere-pro/premiere-histoire-se1/

 

Situation 1 : 1892 : Jean Jaurès et la grève de Carmaux (4/25)

Situation 2 : 1936 : les occupations d'usine (5/25)

Situation 3 : Être ouvrier dans la région de Nantes-Saint-Nazaire (6/25)

Situation 4 : progrès techniques et transformation des conditions de travail dans le textile (7/25)

 

NOTE

Cette partie du programme d'histoire de CAP est commune au programme d'histoire de la classe de Première. Le lien renvoie à cette partie du programme de Première. Seule la situation 1 (1892 : Jean Jaurès et la grève de Carmaux) est commune au programme de CAP. Les trois autres situations du programme de CAP sont traitées ici.

 

CAP-H-SE2-Situations 2, 3 et 4

DOCUMENTS : http://www.barbeypedagogie.fr/6-ressources-pedagogiques/iconographie-cap/histoire-cap-se2/

 

CAP-H-SE2 : Les occupations d'usine (5/25)

Les élections législatives de 1936 sont remportées par le Font populaire (alliance de partis de gauche menée par le parti socialiste - SFIO). Les ouvriers y voient une immense espérance pour l'amélioration de leurs conditions de travail. Ils se mettent en grève et occupent pacifiquement leurs usines. Pourquoi ? Qu'obtiennent-ils ?

 

Après la Première Guerre mondiale, la situation des ouvriers français évolue peu à peu (journée de 8 heures en 1919). En 1936, la victoire du Front populaire aux élections suscite un espoir immense chez les salariés qui se mettent très nombreux en grève et à occuper leur lieux de travail. A la tête du gouvernement, Léon Blum engage alors des réformes sociales historiques : semaine de 40 heures, congés payés, conventions collectives.

 

Quelques repères chronologiques

3 mai 1936 : victoire électorale du front populaire.

Mi-mai 1936 : premières grèves avec occupations d'usines.

Juin 1936 : Léon BLUM (SFIO) est nommé Président du Conseil.

Début juin 1936 : 9000 entreprises occupées.

 

Mots-clés

Convention collective : accord entre organisations syndicales de patrons et de salariés réglementant par branche professionnelle, les questions de salaires et de conditions de travail.

Front populaire : alliance de partis de gauche (socialiste, communiste, radical) qui gagne les élections législatives de 1936.Le gouvernement dirigé par le socialiste Léon Blum fait voter des réformes importantes : semaine de 40 heures, congés payés. 

 

CAP-H-SE2-Situation 3 : Être ouvrier dans la région de Nantes-Saint-Nazaire (6/25)

Du milieu du 19e siècle jusqu'à la fin des Trente Glorieuses, la région de Nantes a été une région industrielle forte dans deux secteurs surtout, l'agroalimentaire (biscuiterie LU) et la construction navale (chantiers de Saint-Nazaire). En 1900, la métallurgie occupait 60 % des ouvriers en Basse-Loire et vers 1950, plus de 20.000 ouvriers travaillaient dans la construction navale.

Comment l'activité industrielle organisait-elle la vie des ouvriers ?

 

L'industrialisation au 19e siècle provoque le développement de villes ouvrières (Nantes, Saint-Etienne, Le Creusot). La vie sociale y est intense, l'action syndicale et politique est importante. Une solidarité ouvrière s’exprime par l'entraide entre ouvriers favorisée par le travail en atelier et dans l'action syndicale (grèves) mais aussi en dehors du travail (vie en cités, loisirs communs).

 

Les patrons veulent garder leur emprise sur leurs ouvriers. Certains patrons pratiquent le paternalisme. Ils entretiennent avec leurs ouvriers une relation basée sur le modèle père-enfants. Le patron veille à l'éducation, à la bonne santé physique et morale des ouvriers (école, église  catholique, logement, hôpital financés par le patron). Ils maintiennent ainsi les ouvriers dans une situation de dépendance envers eux. Le paysage urbain est marqué par cette présence patronale (usines, cités ouvrières, écoles, églises, lieux de loisirs).

 

CAP-H-SE2-Situation 4 : Progrès techniques et transformation des conditions de travail dans le textile (7/25)

Le secteur du textile, longtemps artisanal, évolue peu à peu vers l'industrialisation de sa production grâce à une série d'innovations techniques. L’industrie de la confection liée à la mode, évolue elle aussi. Les conditions de travail des ouvrières s'en trouvent modifiées. De plus, le secteur entre dans un système économique désormais mondialisé qui exige des ouvrières qu'elles s’adaptent à un contexte qui est rarement synonyme de progrès.

 

Une brève chronologie

1801 : métier à tisser mécanique à cartons dit métier Jacquard

1839 : première machine à coudre par Thimonnier

1851 : machine à coudre domestique par Singer (USA)

1884 : soie artificielle ou cellulose par Hilaire de Chardonnet

1938 : fibres synthétiques ou nylon par Dupont de Nemours (USA)

 

La filière de l'industrie textile est directement liée aux innovations techniques découlant des découvertes scientifiques et technologiques, comme les métiers à tisser, la machine à coudre et les fibres synthétiques. Il s'agit bien de faire passer les inventions et les découvertes technologiques vers l'application. Ainsi, la chimie de synthèse permet la mise au point de fibres artificielles, le pétrole se transforme en nylon.

 

Depuis le 19e siècle, l'industrie textile connaît successivement trois systèmes de production. A un stade artisanal, des fabricants sous-traitent avec des ouvriers tisserands à domicile à qui ils livrent la matière première qu'ils devront transformer chez eux. Les fabricants viennent ensuite prendre le produit fini et le vendent. A la révolution industrielle, de grandes manufactures très mécanisées ouvrent. Les artisans y entrent et deviennent des prolétaires. A la fin du 20e siècle, le marché est mondial. Les distributeurs passent commande aux industriels. Beaucoup d'entreprises françaises se délocalisent, elles transfère leurs usines dans des pays à bas coûts de production, pour faire baisser les prix, augmenter les dividendes de leurs actionnaires et se maintenir sur un marché très concurrentiel. En France, ces restructurations font chuter les effectifs des ouvrières du textile (Lejaby).

 

Quelques clés de compréhension

Pour filer un kilo de fil avant 1800, il fallait 10 heures; en 2005, 3 minutes. Pour produire 100 mètres de tissu, il  fallait 100 heures avant 1800; 1 heure en 2005.

Le salaire mensuel dans l’industrie textile en 2013 en France est de 1300 € pour 35 heures par semaine (SMIC); au Bangladesh, 40 € pour 46 heures hebdomadaires.