CO-INTERVENTION

FRANçAIS / TECHNIQUES PROFESSIONNELLES

GESTION ADMINISTRATION TRANSPORT LOGISTIQUE 

CO-INTERVENTION EN CLASSE DE SECONDE

Bulletin officiel spécial n°5 du 11 avril 2019

Programme d'enseignement de français de la classe de seconde préparant au baccalauréat professionnel

NOR : MENE1908622A / arrêté du 3-4-2019 - J.O. du 9-4-2019 / MENJ - DGESCO MAF 1

https://cache.media.education.gouv.fr/file/SP5-MEN-11-4-2019/03/8/spe622_annexe_1105038.pdf

Le français dans les classes préparant au baccalauréat professionnel s’inscrit dans la continuité des objectifs visés par l’enseignement de la discipline au collège : la maîtrise de l’expression orale et écrite, le développement des aptitudes à la lecture et à l’interprétation, l’acquisition d’une culture, la construction du jugement, qui concourent à l’épanouissement d’une personnalité ouverte à autrui et au monde. Cet enseignement vise ainsi l’acquisition de quatre compétences :

- maîtriser l’échange oral : écouter, réagir, s’exprimer dans diverses situations de communication ; 

- maîtriser l’échange écrit : lire, analyser, écrire et adapter son expression écrite selon les situations et les destinataires ;

- devenir un lecteur compétent et critique, adapter sa lecture à la diversité des textes ;

- confronter des connaissances et des expériences pour se construire.

Enseignement général, le français apporte une contribution décisive à la formation professionnelle, en premier lieu par le rôle qu’il joue dans la maîtrise de la langue française. Si tous les enseignements conduisent les élèves à parler et à écrire, à enrichir leur lexique.

Objets d’étude de la classe de seconde

OE1 - Devenir soi : écritures autobiographiques

Finalités et enjeux :

- Se connaître, explorer sa personnalité, prendre confiance en soi, exprimer ses émotions et ses idées.

- Se construire dans les interactions et dans un groupe, rencontrer et respecter autrui ; distinguer ce que chacun veut présenter de soi et ce qu’il choisit de garder pour la sphère privée. 

Progression et interdisciplinarité :

Il peut donner lieu, dans les activités de co-intervention (voir la perspective d’étude « Dire, écrire, lire le métier ») à une réflexion sur les genres professionnels (CV écrits et vidéos, annonces, restitutions d’expérience, rapports de stages) dans ce qui les distingue des formes littéraires et artistiques d’écriture de soi.

OE2 - S’informer, informer : les circuits de l’information 

Finalités et enjeux :

- Se repérer dans un flux de données et en extraire une information.

- Apprendre à questionner : vérifier les sources, croiser les points de vue, appréhender le processus de construction de l’information.

- Produire et diffuser de l’information de manière responsable

Progression et interdisciplinarité :

L’objet d’étude s’articule avec l’éducation aux médias et à l’information, question transversale du programme d’enseignement moral et civique. Il peut s’appuyer, pour traiter de la naissance de la presse et de la circulation des idées, sur les apports du programme d’histoire (« L’Amérique et l’Europe en révolution (des années 1760 à 1804) ») et de géographie (« Des réseaux de production et d’échanges mondialisés » ; « Une circulation croissante et diverse des personnes à l’échelle mondiale »).

OE3 - Dire et se faire entendre : la parole, le théâtre, l’éloquence

Finalités et enjeux :

- Apprécier la dimension esthétique et créative de la parole.

- Découvrir et pratiquer la prise de parole en public.

- Comprendre et maîtriser les genres qui participent à la fois de l’oral et de l’écrit.

En classe de seconde professionnelle, l’enseignement du français constitue une étape supplémentaire dans la compréhension des genres codifiés de l’oral. 

Progression et interdisciplinarité :

Le travail trouve son prolongement dans les activités de co-intervention (voir la perspective d’étude « Dire, lire, écrire le métier ») pour une réflexion sur la variété des communications orales en contexte professionnel, et sur leurs liens et différences avec les formes littéraires et artistiques.

OE4 : Perspective d’étude : Dire, écrire, lire le métier

La co-intervention ne cantonne pas l’apport du français à une vigilance linguistique qui relève de la responsabilité de l’ensemble des enseignements. Bien au contraire, nombre d’activités d’expression et de communication, en lien avec les enseignements professionnels, peuvent tirer bénéfice des contenus propres à la discipline. Chacun des objets d’étude de la classe de seconde permet aux élèves de confronter les genres et les types de discours étudiés ou produits en français avec les activités des enseignements professionnels.

Dire le métier

Qu’il s’agisse de la communication orale en contexte professionnel ou des restitutions d’expériences (par exemple en lien avec les stages effectués), la pratique de l’oral fait appel aux compétences construites en français. Réciproquement, la communication orale en enseignement professionnel réactive les apprentissages réalisés dans le cadre disciplinaire. Les présentations de soi attendues dans le monde professionnel trouvent un écho et un prolongement dans les différentes activités et réflexions menées à travers l’objet d’étude « Devenir soi : écritures autobiographiques ». L’analyse d’une situation en contexte professionnel est l’occasion d’amorcer ou de réactiver l’étude des dimensions verbales et non-verbales de la communication. Une analyse de négociation dans le cadre du travail tire profit de la connaissance d’un dialogue de théâtre, dans le cadre de l’objet d’étude « Dire et se faire entendre : la parole, le théâtre, l’éloquence ».

Écrire le métier

Les différents écrits, ou les notations personnelles sur des supports divers (photographies, enregistrements audio et vidéo…) réalisés dans le cadre de l’objet d‘étude « Devenir soi : écritures autobiographiques », peuvent nourrir un écrit professionnel. La réalisation d’un curriculum vitae est l’occasion de réfléchir à la distinction entre sphère privée et sphère publique, pour donner lieu à la réalisation d’une présentation de soi. La perspective d’étude peut également tirer parti de l’étude des écrits épistolaires, qu’il convient dès lors de situer dans la diversité des courriers et courriels, pour analyser les variétés de destinataires, d’enjeux et donc d’écriture. La veille informationnelle, les circuits de la communication dans l’entreprise sont à comparer et à analyser au regard de l’objet d’étude « Les circuits de l’information », et des compétences acquises dans la réception comme dans la production d’une information.

Lire le métier

Les enseignements professionnels proposent une diversité de textes et de supports dont le travail en co-intervention peut conduire à préciser la typologie, pour montrer que chaque type de texte appelle des stratégies de lecture spécifiques. Pour construire son identité professionnelle, l’élève doit connaître le passé et la tradition du métier, comme des images sociales auxquelles ce métier est inextricablement mêlé. En s’attachant à la spécificité des formations, la perspective d’étude peut aborder les diverses représentations (romanesques, filmiques, picturales…) qui ont été produites, au fil de l’histoire, du métier choisi par les élèves.

En complément des œuvres choisies pour travailler les objets d’étude « Devenir soi : écritures autobiographiques » et « Dire et se faire entendre : la parole, le théâtre, l’éloquence », la co-intervention est l’occasion de présenter des œuvres littéraires mettant en scène des personnages en lien avec le champ professionnel dans lequel les élèves se sont engagés. La littérature et les arts constituent un vivier de représentations et de réflexions sur le monde du travail, dans la diversité de ses facettes, qu’il peut être intéressant de confronter, à deux voix, aux réalités présentes, pour en saisir les constantes, les écarts et les évolutions.

CO-INTERVENTION EN CLASSE DE PREMIÈRE

Le Bulletin officiel spécial n°1 du 6 février 2020 est consacré aux programmes d'enseignement des classes de première et de terminale. Ces nouveaux programmes entrent en vigueur à la rentrée 2020 pour la classe de première et à la rentrée 2021 pour la classe de terminale.

La co-intervention ne cantonne pas l’apport du français à une vigilance linguistique qui relève de la responsabilité de l’ensemble des enseignements. Toutefois, nombre d’activités d’expression et de communication, en lien avec les enseignements professionnels, peuvent tirer bénéfice des contenus propres à la discipline. En classe de première, les deux objets d’étude, « Créer, fabriquer : l’invention et l’imaginaire » et « Lire et suivre un personnage : itinéraires romanesques », permettent de poursuivre les activités introduites en classe de seconde.

L’objet d’étude « Créer, fabriquer : l’invention et l’imaginaire » invite à réfléchir à ce que partagent processus de fabrication et genèse d’une œuvre. Les différences entre création et fabrication, entre imagination et inventivité, mais aussi les capacités communes qui réunissent de telles activités pourront être travaillées dans le cadre de la co-intervention et/ou de la réalisation du chef-d’œuvre.

Selon leur spécialité professionnelle, les élèves peuvent être invités à produire à leur tour une réalisation dans le langage de leur choix, de manière à pouvoir observer et étudier le processus d’invention. Note d’intention, carnet de créateur, journal de bord, commentaires rétrospectifs, brouillons annotés… forment autant d’activités d’écriture qui leur permettent de restituer et d’analyser leur processus de création. La comparaison entre « métier » et « création » permet de s’intéresser à la manière dont les artistes s’inscrivent dans cette dialectique.

 

CO-INTERVENTION EN CLASSE DE TERMINALE

Perspective d’étude : Dire, écrire, lire le métier 

La co-intervention ne cantonne pas l’apport du français à une vigilance linguistique qui relève de la responsabilité de l’ensemble des enseignements. Mais nombre d’activités d’expression et de communication, en lien avec les enseignements professionnels, peuvent tirer bénéfice de l’expertise spécifique du professeur de français et des contenus propres à sa discipline.

Les compétences travaillées en français développent la créativité, l’imagination, la planification et l’organisation nécessaires à la conduite d’un projet. Sa restitution orale requiert de savoir présenter, expliciter et justifier une démarche : le français prend dès lors toute sa part dans le dispositif du chef-d’œuvre.

Dire et écrire le métier

Durant les deux premières années au lycée, les élèves ont produit des discours oraux de plus en plus exigeants. En classe terminale, à travers l’objet d’étude « Vivre aujourd’hui : l’humanité, le monde, les sciences et les techniques », est visée prioritairement la construction d’une pensée personnelle argumentée.

Les situations professionnelles que connaissent les élèves imposent qu’ils soient en mesure de réagir lors de l’échange, c’est-à-dire de s’adapter à l’interlocuteur, de relancer le dialogue, de préciser leur pensée. Les élèves puisent donc dans les compétences orales et écrites développées par le travail sur l’argumentation pour organiser et développer leur propos selon l’objectif qu’ils lui assignent : présenter, exposer, expliciter, convaincre, persuader… Les savoir-faire construits en français trouvent ainsi de nouveaux terrains d’expérimentation et de réalisation.

Le professeur de français montre les liens entre les démarches argumentatives mises en œuvre au sein de son enseignement disciplinaire et leur mobilisation au sein de la situation particulière que présente l’activité professionnelle. Il invite les élèves à réfléchir aux différences entre une réflexion préparée, concertée, planifiée (comme celle d’un argumentaire professionnel préparé ou d’un écrit réflexif de français) et celle qui, dans l’immédiateté des échanges, doit s’adapter et réagir aux propos de l’interlocuteur. Les analogies et différences entre démontrer et négocier, entre convaincre et persuader, sont présentées aux élèves en situation, pour les rendre plus conscients de leur discours et de leurs conduites.

Un autre domaine concerne les relations entre l’oral et l’écrit : développer à l’écrit les éléments déterminants d’une future intervention orale, prendre appui sur des paroles prononcées pour rédiger un compte rendu sont autant d’occasions de mieux interroger les zones de contact entre ces deux modes d’expression. Qui plus est, les modes actuels de communication multiplient les formes d’échange (courriels, SMS, tweets…), que leur rythme fait s’apparenter tantôt à des échanges épistolaires, tantôt à des interactions immédiates. L’expertise du professeur de français intervient dans ce champ pour éclairer ces modes de communication et pour expliciter les usages et les normes qui les déterminent.

Lire le métier

La littérature et les arts multiplient les représentations et réflexions sur les relations humaines : le professeur de français les mobilise en co-intervention pour mieux appréhender le contexte professionnel et la conduite à y tenir. Par exemple, toute négociation donne lieu à une variété d’échanges, de gestes et de paroles dont la littérature ne cesse de proposer, par le détour analytique qu’autorise la fiction, une meilleure compréhension.

Les liens à tisser entre enseignement général et enseignement professionnel passent aussi par l’invitation à la découverte, en lecture cursive, des livres portant sur les métiers auxquels les élèves se destinent. Après leurs représentations littéraires et artistiques envisagées en classe de première, il s’agit désormais de connaître des études et des essais sur le monde du travail et ses évolutions. Activités de lecture et construction de l’identité professionnelle cheminent de conserve dans un partage équilibré des finalités disciplinaires.