La classe inversée au Lycée Marguerite Yourcenar d'Erstein

Une expérimentation au Lycée polyvalent Marguerite YOURCENAR d'ERSTEIN

67152 Erstein

http://www.lycee-yourcenar.fr/index.htm


Michèle Archambault, documentaliste au lycée Marguerite Yourcenar, explique pourquoi une expérience de classe inversée a été conduite dans son établissement. La réflexion est partie de la mise en oeuvre des Travaux Pratiques Encadrés - TPE. Certains élèves avaient du mal à travailler dans ce cadre. Pour palier ce problème, elle propose à ses collègues de tester l'utilisation de la classe inversée.

L'expérience est menée et elle est entièrement suivie par l'ESPE de Strasbourg. On peut donc en retrouver toutes les étapes, depuis la réflexion, l'ensemble de son déroulement jusqu'à son évaluation y compris par les élèves.

http://espe-formation.unistra.fr/webdocs/ci/  



1. Un résumé sur l’expérience menée au LPO Yourcenar

Les enseignants sont partis d'une banque de petites vidéos ("capsules") avec des contenus didactisés. Ils attendaient des élèves d'une classe de Seconde et d'une autre de Première qu'ils travaillent sur ces contenus chez eux pour pouvoir ensuite exploiter en cours les connaissances acquises. Pour les professeurs, il s'agissait de 'gagner du temps' pour pouvoir faire de la différenciation pédagogique en classe.

Ils ont organisé des groupes qui devaient travailler en autonomie encadrés par le professeur. Les élèves devaient faire ensuite des exercices pour vérifier leur acquisition des connaissances. La matière enseignée est le Français. Le professeur rebondit pendant le cours sur le contenu mis en ligne en partant du principe que tout le monde l'a regardé.

Un débat en classe permet de dégager une problématique que la professeure écrit au tableau. Les trois groupes d'élèves (par niveau de compétences) travaillent ensuite sur cette problématique (papier, crayons, prise de notes). A la fin de la séance, un membre de chaque groupe restitue à l'oral les recherches effectuées par le groupe.

Les professeurs se rendent compte des niveaux différents des élèves et veulent mettre en place des actions de remédiation.

Les enseignants constatent que les élèves ont davantage d'envie de travailler, qu'une certaine entraide s'installe entre eux dans le cadre des groupes de recherches. Mais certains élèves se plaignent d'avoir trop de travail à faire à la maison à étudier les "capsules" de connaissances en ligne au point que les élèves de Seconde veulent arrêter de faire cours de cette manière.

 

2. La critique universitaire de la mise en oeuvre de la classe inversée

Un expert belge en sciences de l'éducation, Marcel Lebrun, est appelé à la rescousse. Marcel Lebrun félicite les enseignants de mener cette expérience mais il faut maintenant progresser dans la conduite de la méthode.

Il explique qu'il faut border chaque étape dans le cadre d'un protocole clairement défini. Il remarque déjà la difficulté qu'il y a  pour les enseignants de savoir si les élèves ont étudié les contenus en ligne avant le cours. Le 'gain de temps' recherché par les professeurs est ainsi inexistant puisqu'il faut répéter à tout le monde le contenu mis en ligne. Il faut d'avantage cerner les besoins des élèves, faire faire du contenu par les élèves eux-mêmes. La vision sur la méthode est trop réductrice. Il faut agir sur la conscientisation, l’appropriation par les élèves, leur indiquer un cheminement simple qu'ils peuvent facilement comprendre.

L'échange de pratiques, la co-construction est un point fort. Plus que concevoir une séance, il faut concevoir des séquences, privilégier l'autoévaluation, donner une vraie place à l'élève dans ses propres apprentissages. On peut former des groupes thématiques à qui l'on donne des échéances, des activités à conduire, des productions à présenter. On peut parler de fixer à l'élève la 'production d'un chef d'oeuvre'.

Le piège à éviter est de reproduire les vieilles méthodes d'enseignement, les cours magistraux et frontaux. Ils continuent bien sûr de faire partie de l'arsenal pédagogique mais la classe inversée demande que le professeur ose se mette en retrait, laisse sa part à l'élève.

Il s'agit bien d'innover. On peut décontextualiser par le recours à du matériel pédagogique extérieur à l'école pour le recontextualiser ensuite dans la classe (méthode de l'école québécoise). Pour palier la lourdeur de l'institution, il est utile d’établir des liens avec d'autres classes participantes dans le cadre de réseaux pédagogiques 

 

Marcel LEBRUN, docteur en Sciences, professeur en technologies de l'éducation et conseiller pédagogique à l'Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédias (IPM) de l'UCL (Université de Louvain-la-Neuve, Belgique). En particulier, il accompagne les enseignants dans la mise en place de dispositifs techno-pédagogiques à valeur ajoutée pour l'apprentissage. Il est à l'origine de la plate-forme Claroline dont il assure la responsabilité pédagogique au sein de l'équipe de développement et la présidence du Consortium international. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les rapports entre technologies et pédagogies.

SSH/PSP  - Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation

SSH/IACS - Institute for the Analysis of Change in Contemporary and Historical Societies (IACCHOS)

http://www.uclouvain.be/marcel.lebrun

 

Un projet de classe inversée en Lycées professionnels de Corrèze

Le projet as de PIC - Faire des élèves de Lycée Professionnel des as de la Pédagogie Inversée en Classe

http://www.barbeypedagogie.fr/4-didactique-1/alain-beretz/la-classe-invers%C3%A9e-en-corr%C3%A8ze/